En bref
- L’air intérieur est souvent plus pollué que l’air du dehors, surtout dans une maison bien isolée.
- Mesurez quatre choses : les particules fines (PM2.5), le CO2, l’humidité de l’air et les composés volatils (COV).
- Un capteur de CO2 vous en dit le plus sur votre ventilation, un capteur de particules sur la poussière, la cuisson et la fumée.
- Mesurez pendant une semaine, à des moments fixes. Une seule mesure un mardi au hasard ne dit rien.
- Aérer passe avant filtrer. Un purificateur d’air est un complément, pas un remplaçant de l’air frais.
Mesurer la qualité de l’air intérieur est devenu plus simple que cela n’en a l’air : un appareil autour de cinquante euros montre en une journée où cela coince. Et cela coince plus souvent qu’on ne le pense. Nous prenons des douches, nous cuisinons, nous passons l’aspirateur, nous chauffons au bois et nous dormons fenêtres fermées, dans une maison de mieux en mieux calfeutrée. La pollution qui se dégage au passage reste à l’intérieur.
Cette page explique ce que vous mesurez exactement, avec quel appareil, quelle valeur reste saine et ce que vous faites quand une valeur déçoit. L’ordre de cette dernière étape compte, et ce n’est pas celui qu’une boutique de purificateurs d’air vous donne d’habitude.
Ce qui pollue votre air intérieur
L’air intérieur est pollué par quatre types de choses, et chacune demande une autre approche.
Les particules fines (PM2.5 et PM10). De petites particules en suspension issues de la cuisson et des grillades, des bougies, d’un poêle à bois, de la fumée de cigarette et du trafic devant la porte. Faire cuire à la poêle sans hotte allumée fait nettement grimper les PM2.5 d’une cuisine en un quart d’heure. Les particules fines sont la seule de ces quatre catégories qu’un purificateur d’air à filtre HEPA capte vraiment bien.
Le CO2. Pas un poison, mais le meilleur indicateur dont vous disposez pour la ventilation. Vous l’expirez vous-même, donc il monte dès qu’il y a du monde dans une pièce et que l’air se renouvelle trop peu. Si le CO2 monte, toutes les autres substances s’accumulent tout autant. D’où la valeur d’un capteur de CO2, bien plus grande qu’il n’y paraît.
L’humidité. Une famille met dix à quinze litres d’eau par jour dans l’air en se douchant, en cuisinant, en lavant et en respirant. Si cela stagne, vous récoltez de la condensation, des moisissures et des acariens. Au-dessus de 60 % d’humidité relative, cela dérape.
Les composés organiques volatils (COV). Des gaz qui s’échappent de la peinture, de la colle, des meubles neufs, du stratifié, des produits ménagers et des bougies parfumées. Le formaldéhyde est le plus connu. Ils ne sentent souvent rien de particulier, ou justement le « propre », et c’est ce qui les rend difficiles à repérer sans mesure.
Quel appareil pour mesurer quoi
Aucun appareil ne mesure tout correctement. Voici ce qui fonctionne en pratique :
- Un capteur de CO2 à cellule NDIR. L’achat le plus important de cette liste. Repérez le sigle NDIR : les appareils moins chers utilisent un capteur qui déduit le CO2 d’autres gaz et réagit alors à une bombe aérosol ou à un verre de vin plutôt qu’à votre ventilation.
- Un capteur de particules (laser, PM2.5 et PM10). Il montre tout de suite ce que la cuisson, les bougies ou le poêle font à votre air. Instructif surtout parce que vous voyez le pic se former pendant que vous êtes en train de faire.
- Un hygromètre. Souvent déjà intégré à un appareil combiné. Il mesure l’humidité relative.
- Un capteur de COV. Utile comme indication, pas comme valeur exacte. Il mesure la somme de tous les composés volatils, pas lequel se trouve dans l’air.
Les appareils combinés qui réunissent CO2, particules fines, température et humidité dans un seul boîtier sont en général le choix le plus sensé à la maison. Notre rayon appareils de mesure de la qualité de l’air indique ce que nous avons testé nous-mêmes et ce que chaque appareil peut ou ne peut pas faire.
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Déterminez d’abord ce que vous voulez savoir
Vous dormez mal et la chambre est étouffante le matin ? Mesurez le CO2. Vous avez un poêle à bois, vous fumez à l’intérieur ou vous cuisinez beaucoup ? Commencez par les particules fines. Vous voyez de la condensation sur les vitres ou cela sent le renfermé ? Mesurez l’humidité. Qui mesure tout en même temps se perd et n’en tire aucune conclusion.
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Placez l’appareil au bon endroit
À hauteur de respiration, environ un mètre à un mètre cinquante au-dessus du sol, au milieu de la pièce. Pas sur le rebord de la fenêtre, pas à côté d’une fenêtre ouverte, pas au-dessus d’un radiateur et pas juste à côté de la cuisinière. Là, vous mesurez l’exception et pas la pièce.
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Mesurez pendant une semaine, à des moments fixes
Relevez le matin au lever, l’après-midi et le soir avant de dormir. Mesurez aussi une fois pendant la cuisson et une fois fenêtre ouverte, pour avoir un point de comparaison. Un appareil avec fonction d’enregistrement le fait tout seul et montre la nuit, et c’est justement la nuit qui est la plus intéressante dans une chambre.
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Comparez aux valeurs repères et cherchez la source
Mettez vos valeurs à côté du tableau ci-dessous. Si vous dépassez une valeur limite, cherchez le moment où cela monte. Ce moment désigne presque toujours la cause : la porte qui reste fermée, la hotte qu’on n’allume pas, le poêle, le sèche-linge sans évacuation.
| Ce que vous mesurez | Sain | Action nécessaire | Origine de la valeur |
|---|---|---|---|
| Particules fines PM2.5 | Sous 5 µg/m³ en moyenne annuelle | Au-dessus de 15 µg/m³ sur 24 heures | Lignes directrices OMS qualité de l’air 2021 |
| CO2 | Sous 800 ppm | Au-dessus de 1 200 ppm | Valeur repère air intérieur des logements |
| Humidité relative | 40 à 60 % | Sous 30 % ou au-dessus de 70 % | Valeur repère air intérieur des logements |
| COV (somme, TVOC) | Sous 0,3 mg/m³ | Au-dessus de 1 mg/m³ | Échelle TVOC de l’Umweltbundesamt allemand |
| Température des pièces de vie | 20 à 22 °C | Au-dessus de 24 °C dans la chambre | Valeur repère air intérieur des logements |
La valeur OMS pour les PM2.5 concerne l’air extérieur et sert aussi de référence à l’intérieur ; il n’existe pas de norme intérieure plus stricte. Pour le CO2, l’humidité et la température, nous reprenons les valeurs repères couramment retenues pour l’air intérieur des logements. Un pic isolé au-dessus d’une valeur limite n’est pas un problème, une valeur qui reste au-dessus jour après jour, si.
Améliorer : d’abord la source, puis aérer, et seulement ensuite filtrer
Dès que vous savez ce qui cloche, il existe un ordre qui fonctionne. Nous vendons des purificateurs d’air, alors lisez ce paragraphe d’un œil sévère : le purificateur d’air arrive en troisième position, pas en première.
1. Supprimez la source. C’est ce qui change le plus et cela ne coûte en général rien. Hotte allumée avant que la poêle ne chauffe, et un quart d’heure de plus après. Pas de cigarette à l’intérieur. Moins de bougies et d’encens. Sèche-linge raccordé à une évacuation vers l’extérieur. Peintures, colles et produits ménagers à faibles émissions de COV, et un meuble neuf ou un sol fraîchement posé bien aéré les premières semaines.
2. Aérez. L’air frais est la seule chose qui évacue vraiment le CO2 et l’humidité. Ouvrez en grand deux fenêtres opposées pendant dix minutes plutôt qu’une fenêtre entrebâillée toute la journée : cela renouvelle plus vite et refroidit moins la maison. Laissez les grilles d’aération ouvertes, l’hiver aussi, et faites tourner une VMC en vitesse deux plutôt que de l’arrêter. Dormez fenêtre ou grille ouverte si c’est possible.
3. Filtrez ce qui reste en suspension. C’est maintenant seulement qu’un purificateur d’air entre en jeu, et il répond exactement au problème que l’aération ne règle pas : les particules en suspension. Particules fines, pollens, allergènes d’animaux, allergènes d’acariens et particules de fumée en sortent avec un filtre HEPA, y compris quand la fenêtre doit rester fermée parce qu’il gèle ou que cela souffle dehors. Un filtre à charbon en plus s’occupe des odeurs et d’une partie des COV.
Ce qu’un purificateur d’air ne fait pas : il ne fait pas baisser votre CO2, il n’assèche pas l’air et il ne retire pas l’humidité d’un mur mouillé. Si le CO2 monte, il n’y a qu’une réponse et c’est la ventilation. Si l’humidité de l’air reste durablement au-dessus de 60 %, il vous faut un déshumidificateur ou une meilleure ventilation.
Commencez petit
Vous ne savez pas par où commencer ? Achetez un seul capteur de CO2 et posez-le une semaine dans la chambre. C’est la mesure la moins chère au meilleur rendement : presque tout le monde est surpris par la valeur relevée à six heures du matin, et le problème se règle alors avec une grille d’aération laissée ouverte.
Questions fréquentes sur la mesure de la qualité de l’air
Comment mesurer la qualité de l’air chez soi ?
Avec un appareil qui enregistre le CO2, les particules fines (PM2.5) et l’humidité de l’air. Posez-le à hauteur de respiration au milieu de la pièce, mesurez une semaine à des moments fixes et comparez vos valeurs aux valeurs repères de l’OMS et à celles retenues pour l’air intérieur des logements. Une mesure isolée dit peu de chose, une semaine de mesures montre le schéma.
Qu’est-ce qu’une bonne qualité de l’air intérieur ?
En règle générale : CO2 sous 800 ppm, PM2.5 aussi bas que possible et sous 15 µg/m³ sur 24 heures, humidité relative entre 40 et 60 % et une température de 20 à 22 °C. Au-dessus de 1 200 ppm de CO2, vous aérez trop peu.
Ai-je besoin d’un capteur de CO2 ou d’un capteur de particules ?
Commencez par un capteur de CO2. Il vous dit si l’air se renouvelle assez, et c’est la base de toutes les autres valeurs. Le capteur de particules vient ensuite, surtout si vous avez un poêle à bois, si vous cuisinez beaucoup ou si vous habitez au bord d’une route passante.
Un purificateur d’air aide-t-il contre une valeur de CO2 élevée ?
Non. Un purificateur d’air filtre les particules de l’air déjà présent, il n’évacue pas le CO2 et n’apporte pas d’oxygène. Seule l’aération fait baisser le CO2. Qui relève une valeur de CO2 élevée a besoin d’une fenêtre ou d’une grille, pas d’un filtre.
Les capteurs de qualité de l’air bon marché sont-ils fiables ?
Pour un usage domestique, ils suffisent, à condition de regarder le capteur. Pour le CO2, choisissez un appareil à cellule NDIR, car la variante moins chère déduit la valeur d’autres gaz et s’emballe sur une bombe aérosol. Vous n’avez pas besoin d’une exactitude absolue chez vous : vous voulez voir des écarts et des schémas, pas une mesure certifiée.
À quelle fréquence mesurer la qualité de l’air ?
Mesurez une semaine d’affilée pour connaître votre point de départ, et recommencez après chaque changement : un nouveau sol, des travaux, un purificateur d’air en plus ou une autre façon d’aérer. Ensuite, une fois par saison suffit, car les mois de chauffe et les mois d’été donnent des valeurs très différentes.
