En bref
- Le radon est un gaz rare radioactif qui naît de l’uranium présent dans le sol et dans le béton, la brique et le plâtre.
- Aux Pays-Bas, le niveau est bas à l’échelle internationale : le RIVM arrive à une moyenne d’environ 15 Bq/m3 dans les logements.
- Le niveau de référence des règles européennes de radioprotection est de 300 Bq/m3. L’OMS retient 100 Bq/m3 comme valeur cible.
- Cela ne se mesure pas en un après-midi. Il faut un détecteur qui reste en place au moins deux à trois mois, de préférence pendant la saison de chauffe.
- Ce qui aide : aérer, fermer le vide sanitaire et les passages de canalisations, et pour les valeurs élevées, une extraction sous le plancher.
- Ce qui n’aide pas : un purificateur d’air. Le radon est un gaz d’atomes isolés et traverse n’importe quel filtre.
Le radon est le seul problème d’air intérieur dont vous ne remarquez jamais rien. Le gaz est incolore, inodore et sans goût, il ne pique pas les yeux et ne donne pas mal à la tête. Aucun signal ne vous met sur la piste. Mesurer est la seule façon de savoir.
Il se forme loin sous votre maison. L’uranium est naturellement présent dans presque toutes les roches, se désintègre en radium puis en radon, et ce radon est un gaz rare qui remonte par les pores et les fissures jusqu’à ressortir quelque part. Dehors, il se disperse aussitôt. Sous une maison avec vide sanitaire, passages de canalisations et plancher pas tout à fait fermé, il a une route facile vers l’intérieur, où il stagne.
Dans les logements néerlandais, une grande partie ne vient d’ailleurs pas du dessous. Elle vient des murs eux-mêmes, car le béton, la brique et le plâtre contiennent le même radium. Cela explique un résultat qui surprend beaucoup de gens : les maisons récentes et bien isolées mesurent en moyenne un peu plus haut que les vieilles maisons pleines de courants d’air, simplement parce qu’il y passe moins d’air.
Le sous-sol néerlandais est pauvre en uranium, et cela change tout. Dans ses mesures en logement, le RIVM aboutit à une moyenne d’environ 15 becquerels par mètre cube, une fraction de ce qui est normal dans certaines régions d’Allemagne, de Tchéquie ou de Suède. Dans le sud du Limbourg, le sous-sol contient plus de radium qu’ailleurs dans le pays, on y mesure donc plus haut ; là aussi, les logements restent en règle générale bien en dessous du niveau de référence européen. Les Pays-Bas n’ont d’ailleurs eu à désigner aucune zone à risque dans leur plan d’action national.
| Quoi | Valeur | D’où elle vient |
|---|---|---|
| Logement néerlandais moyen | environ 15 Bq/m3 | RIVM, mesures en logement |
| Valeur cible de l’OMS | 100 Bq/m3 | OMS, valeur guide pour les logements |
| Niveau de référence, logements | 300 Bq/m3 | Arrêté néerlandais sur les normes de base de radioprotection |
| Niveau de référence, lieux de travail | 300 Bq/m3 | Arrêté néerlandais sur les normes de base de radioprotection |
Le becquerel par mètre cube est le nombre d’atomes qui se désintègrent chaque seconde dans un mètre cube d’air. Un niveau de référence n’est pas une frontière au-dessus de laquelle c’est dangereux et en dessous de laquelle tout va bien : le risque monte progressivement, et le niveau indique à partir d’où vous êtes censé intervenir.
C’est grave à quel point ?
Plus sérieux que ne le pensent la plupart des gens, et moins urgent que ne le laisse croire le ton de certains sites. Les deux à la fois, et c’est ce qui rend le sujet difficile à expliquer.
Le gaz lui-même, vous le rejetez en grande partie. Le problème vient des produits de désintégration : le radon se décompose en particules solides qui s’accrochent à la poussière en suspension, et celles-là restent bel et bien dans vos poumons, où elles émettent de près un rayonnement alpha. C’est pour cette raison que l’OMS classe le radon comme la deuxième cause de cancer du poumon, après le tabac. Pour les Pays-Bas, le RIVM compte quelques centaines de décès par an dus au radon et au thoron réunis.
Ce chiffre demande du contexte. Il s’agit d’un risque qui monte avec les années passées dans le logement, pas de quelque chose qui arrive le mois prochain, et la maison néerlandaise moyenne se situe très loin de tout niveau à partir duquel une intervention est conseillée. Ce qui ressort en revanche : le tabac et le radon se renforcent mutuellement. Pour un fumeur, le risque supplémentaire lié à la même concentration de radon est un multiple de celui d’une personne qui n’a jamais fumé, car les mêmes cellules pulmonaires encaissent deux coups à la fois.
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Choisissez le bon type de mesure
Pour une conclusion sur votre logement, il vous faut un détecteur passif à traces, un petit boîtier avec un film sensible que vous renvoyez et qui est lu en laboratoire. Les appareils électroniques sont pratiques pour se faire une idée, mais le radon fluctue d’heure en heure et de jour en jour avec le vent, la température et la pression atmosphérique. Un instantané ne dit donc presque rien.
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Laissez-le en place assez longtemps
Deux à trois mois est le minimum, plus est possible. Seule une période de cette durée lisse les variations quotidiennes jusqu’à un chiffre sur lequel vous pouvez fonder une décision.
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Mesurez pendant la saison de chauffe
D’octobre à mars, les fenêtres restent fermées et une maison ventile le moins. Les valeurs sont alors les plus hautes. Si vous mesurez en été, vous obtenez une image trop flatteuse de ce que fait votre maison le reste de l’année.
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Posez-le là où vous vivez, pas là où ça fait peur
Le séjour et la chambre, donc les pièces où vous passez le plus d’heures. Deux détecteurs à la fois valent mieux qu’un seul. Suspendez-le à environ un mètre de hauteur, décollé du mur, loin d’une fenêtre, d’une porte, du chauffage et des grilles de ventilation. Le vide sanitaire, vous ne le mesurez que si vous cherchez la route par laquelle le gaz entre.
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Lisez bien la réponse
Sous 100 Bq/m3, il n’y a rien à faire ; c’est le niveau de pratiquement tous les logements néerlandais. Entre 100 et 300, il vaut la peine de voir si l’aération et le calfeutrage vous font descendre. Au-dessus de 300, quelque chose doit se passer, et il est alors sage de faire appel à quelqu’un qui a déjà traité plusieurs logements.
Que faire si la valeur déçoit
Aérer. La mesure la moins chère et tout de suite la meilleure. Le radon s’accumule dans l’air stagnant, donc tout ce qui apporte de l’air frais le dilue aussitôt : grilles ouvertes, ventilation mécanique une vitesse plus haut, fenêtre entrouverte dans la chambre. C’est aussi précisément la raison d’être prudent avec le calfeutrage au nom des économies d’énergie. Rendre une maison étanche à l’air sans régler la ventilation en même temps pousse la valeur de radon vers le haut.
Couper la route. Si cela vient du dessous, le gaz suit l’air du vide sanitaire : le long des passages d’égout et de canalisations, par les joints du plancher, autour de la trappe. Boucher ces trous au mastic ou à la mousse change souvent plus que vous ne le penseriez, car c’est la même route qu’empruntent l’humidité et les odeurs de moisi. Veillez en même temps à ce que le vide sanitaire reste bien ventilé, car un vide sanitaire fermé retient justement le gaz.
Mettre en dépression. Pour les valeurs vraiment élevées, il existe une solution devenue standard dans les pays qui ont un problème de radon : un tuyau sous le plancher avec un petit ventilateur, qui aspire l’air du vide sanitaire ou du gravier en dessous et le rejette au-dessus du toit. Le gaz n’entre alors plus dans la maison, il passe par l’extérieur. Aux Pays-Bas, c’est rarement nécessaire.
Arrêter de fumer. Pas une mesure de construction, et pourtant celle qui change le plus face au radon, parce que le risque des deux réunis est bien plus grand que celui de chacun séparément.
Un purificateur d’air ne résout pas ça
Nous vendons des purificateurs d’air et sur ce sujet, nous les déconseillons, parce que la réponse honnête n’est pas autre. Le radon est un gaz rare qui flotte sous forme d’atomes isolés. Un filtre HEPA capte des particules et laisse passer le gaz sans obstacle, et le charbon actif en fixe bien une partie, mais dans la quantité qui tient dans un appareil de salon, il est saturé en un rien de temps.
Il existe même des travaux qui pointent dans l’autre sens. Si vous filtrez les poussières auxquelles s’accrochent les produits de désintégration, une plus grande part de ceux-ci reste en suspension à l’état libre, et c’est justement cette fraction libre qui descend le plus profond dans les poumons. Pour le radon, la règle est donc sans réserve : traiter la source et aérer, pas filtrer.
Mesurer ce qui se mesure
Le radon demande un détecteur qui reste en place des mois. Le reste de votre air intérieur se lit en direct : particules fines, CO2 et composés volatils.
- Voyez si une pièce ventile vraiment assez
- Suivez la valeur de PM2,5 pendant la cuisson et le chauffage
- Mesurez le formaldéhyde et le COVT après des travaux
Questions fréquentes sur le radon
Y a-t-il beaucoup de radon aux Pays-Bas ?
Non. Le RIVM mesure dans les logements néerlandais une moyenne d’environ 15 Bq/m3, très loin sous le niveau de référence de 300 Bq/m3 et bien en dessous de la valeur cible de 100 retenue par l’OMS. Notre sous-sol contient peu d’uranium. Dans leur plan d’action national, les Pays-Bas n’ont eu à désigner aucune zone où le niveau serait structurellement dépassé.
Où la valeur de radon est-elle plus élevée aux Pays-Bas ?
Dans le sud du Limbourg, le sous-sol contient plus de radium que dans le reste du pays, on y mesure donc en moyenne plus haut. Pour le reste, la maison elle-même pèse plus lourd que le lieu : un logement avec vide sanitaire ouvert, beaucoup de passages dans le plancher et peu de ventilation sort plus haut que le voisin au plancher fermé. Une carte ne remplace donc pas une mesure dans votre logement.
Comment mesurer le radon chez moi ?
Avec un détecteur passif à traces que vous laissez en place au moins deux à trois mois, de préférence entre octobre et mars, dans le séjour et la chambre, à environ un mètre de hauteur. Vous le renvoyez ensuite pour lecture. Un appareil électronique donne un instantané et le radon fluctue fortement, vous ne pouvez donc en tirer aucune conclusion.
Un purificateur d’air retire-t-il le radon de l’air ?
Non. Le radon est un gaz d’atomes isolés et traverse un filtre HEPA de part en part. Le charbon actif en fixe un peu, mais vous ne mettrez jamais autant de charbon dans un appareil de salon et il sature vite. Aérer et couper l’entrée sont ici les mesures qui comptent.
Une bonne isolation aide-t-elle contre le radon ?
Cela joue dans les deux sens. Rendre le plancher étanche à l’air retient le radon du vide sanitaire, et c’est un gain. Fermer toute la maison sans améliorer la ventilation en même temps réduit le renouvellement d’air, si bien que ce qui se libère à l’intérieur s’accumule. Calfeutrage et ventilation vont ensemble.
Dois-je mesurer si j’achète une maison ?
Ce n’est pas obligatoire et aux Pays-Bas, le risque d’une valeur élevée est faible. S’il s’agit d’un logement dans le sud du Limbourg, d’une maison avec sous-sol ou d’un séjour à moitié enterré, ou si vous comptez transformer une cave en pièce de vie, une mesure de quelques mois est un petit effort pour une question qui vous resterait sinon en tête.
Qu’est-ce que le thoron ?
Un gaz apparenté, issu du thorium, qui se désintègre beaucoup plus vite et ne va donc pas loin de sa source. En pratique, il s’agit d’émissions par les murs, surtout tout près de la surface. Le RIVM compte le thoron dans son calcul sanitaire pour les logements ; les mesures à prendre sont les mêmes que pour le radon.
Je veux m’occuper de mon air intérieur plus largement. Par où commencer ?
Commencez par ce que vous pouvez voir. Mesurez les particules fines et le CO2 pour savoir comment votre maison ventile, et regardez les gaz issus des colles et des peintures s’il y a eu des travaux. Comment monter une telle mesure est expliqué dans mesurer la qualité de l’air intérieur, et sur les substances issues des meubles et de la peinture, lisez les COV et le formaldéhyde dans la maison.
